Hier encore, j'avais trois ans. Le temps passe, je vieillis.
Les années défilent et je n'arrive plus à suivre. Je me retrouve seule ce soir,
dans mon lit, et je pense. Hier, je ne le faisais pas encore. Mes préoccupations
se limitaient à mes poupées barbies auxquelles j'arrachais la tête avec hargne.
Maintenant, ces icônes de la beauté sont belles et bien réelles et je me retrouve
écrasée sous le poids de la jalousie. L'adolescence est une étape à passer.
Eh oui, hier c'était il y a douze ans.
Il y a quelques heures, j'étais à l'école primaire. On venait juste de me chercher,
à quatre heure, pour que je puisse rentrer chez moi et m'étaler sur le canapé
devant les dessins animés.Ce soir, je me retrouve seule et je songe aux multiples
devoirs que j'ai malencontreusement omis de faire. Il y a quelques heures, je
m'efforçais seulement à savoir mes tables de multiplication par c½ur. Ce soir,
je ne les sais toujours pas. Eh oui, il y a quelques heures c'était il y a sept ans.
Il y a environ vingt minutes, j'étais encore une gamine insouciante qui avait
toujours le chic pour s'attirer les pires ennuis du monde. J'étais assise sur
mon lit, ma première guitare entre mes mains pas tout à fait innocentes.
Je jouais quelques airs par-ci, par-là et ne m'interrogeait guère sur quoi
demain serait fait. Ce soir, je suis dans mon lit et je garde les yeux ouverts
dans le noir, j'ai peur de mon lendemain. Je ne veux pas le voir arriver, je
veux repousser le temps.Il y a environ vingt minutes, c'était il y a deux ans.
Ce soir, je suis entrée au lycée et je suis déjà devenue quelqu'un d'autre.
Je me tourne et me retourne dans mon lit, je me questionne sur l'avenir.
Que deviendrais-je, moi, sur cette planète en détresse ? La réponse clignote
face à mes yeux ternes mais je refuse de la voir. Demain, je serais un mouton
parmi les autres et c'est bien difficile à concevoir. Eh oui, ce soir, c'est maintenant et demain, c'est dans pratiquement dix ans.
MAIS PAS DE PANIQUE ... PARCE QU'APRES DEMAIN, C'EST DEJA LA FIN.